Armand Viré

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ARMAND VIRE (Lorrez-le-Bocage 1869 – Moissac 1951).

 

A_vire1Après des études au lycée de Sens, puis au lycée Henri IV à Paris, Armand Viré obtint un baccalauréat ès-lettres, ès-sciences, puis une licence et un doctorat ès-sciences. Il occupe le poste d’attaché au Muséum d’histoire naturelle, puis de directeur du laboratoire de biologie souterraine au Muséum jusqu’en 1929, date de son départ à la retraite.
Ses recherches furent intenses, diverses, nombreuses, savantes et couronnées de succès :
– spéléologie : explorateur de nombreuses grottes et avens, notamment de Padirac, de l’aven Armand, de Bétharram et de Lacave. Cette dernière, située sur le Causse de Gramat dans le département du Lot, fut découverte et aménagée par ses soins en 1905. Il fit aussi des explorations en Autriche, Italie, Allemagne…
– faune souterraine : on lui doit de nombreuses études et publications sur la faune cavernicole, sa spécialité, et la découverte d’espèces nouvelles (stenasellus niphargus et caecosphaeroma virei). En 1899 est publiée sa première étude, Essai sur la faune obscuricole de France.
– archéologie et préhistoire : il fit de multiples recherches et publia de nombreuses études sur la préhistoire dans le Lot, la Seine-et-Marne et, les dernières années, il entreprit d’importantes fouilles archéologiques à Moissac.
– radiesthésie : ses recherches eurent lieu un peu partout en France et notamment, en 1915, sur le front, où il put trouver des souterrains qui servirent d’abri aux soldats et aux munitions. Sa quête de l’eau le conduisit à Mélilla au Maroc espagnol en 1924 et en Haïti en 1938.
Il se maria le 30 juillet 1906 avec Marguerite Delor (une Moissagaise, apparentée à la famille de Marguerite Vidal, fondatrice du Musée des Arts et Traditions Populaires). Le repas de noce fut servi dans une des galeries du cloître. Son grand ami, Ernest Rupin, était présent. La femme d’Ernest Rupin (Augustine Mage) était une très grande amie d’Eugénie Chauderon, grand-mère d’Henri Desmon lequel participa, notamment, aux fouilles archéologiques dans et autour de l’église Saint-Martin, sous la direction d’Armand Viré.
Armand Viré s’est retiré à Moissac en 1939 dans sa maison située au n° 25 de la rue Malaveille. Il fut, avec Joseph Dugué, le sauveur de l’église Saint-Martin face à une SNCF dévoreuse d’espace vital. Dans cette même église il découvrit un hypocauste du 3e siècle et des fresques médiévales. Henri Desmons travailla avec lui jusqu’en 1950.
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En 1948, Armand Viré eut un très grave accident ; il fit une chute de sept mètres dans un puits, due à la rupture d’un câble et, de ce fait, son activité se trouva très diminuée car, bien qu’ayant conservé toutes ses facultés intellectuelles, il se déplaçait dès lors difficilement, handicapé par ses chevilles qui avaient été brisées.
Il mourut subitement à Moissac le 15 juillet 1951.

 

Pour en savoir plus :
Chantal Fraïsse, Justine Vincent et Patrice Georges-Zimmermann, La science est une aventure : Armand Viré et Moissac juin 2015.
Ena Henri, Scènes et Personnages de la vie moissagaise, fascicule XVII pages 596 à 599.
Régis De la Haye, Saint Martin de Moissac, plus ancienne église de France ? Moissac 1998.
800 Auteurs. Dix siècles d’écriture en Tarn-et-Garonne, Association des amis de la bibliothèque centrale de prêt. Montauban 1992, page 296.
A Calvet, R. de la Haye, R. Pautal, Dictionnaire des noms de rue de Moissac Edition Ostal Redond décembre 2007.