journal des paléographes confinés # 9

 

   EUREKA !

      Pour les historiens la question de la date précise des documents qu’ils étudient est importante. En effet le contexte précis ( politique, économique, social, etc;) d’un document, d’une oeuvre d’art, permet d’en comprendre le sens plus finement et plus complètement.

      Il se trouve que le cadastre dont nous nous occupons n’est pas daté très précisément par les historiens de Moissac bien que sa facture ( graphie, formules, langue…) le situe à coup sûr dans le XVIIe siècle.

      Avant le confinement la réalisation des photos d’un tome du cadastre que nous analysons : notre fameux « CC 19 » nous permettait de découvrir en toute dernière page la mention : « Ne varietur Solier 2 ond consul « . «  Ne varietur »  signifie = pour que cela ( les termes du cadastre) ne soit pas modifié.  Ainsi c’est un deuxième consul de Moissac – la ville étant dirigée, avant la Révolution, par des consuls élus chaque année (il y en avait au moins 4)  –  nommé Solier qui avait validé et clos l’opération cadastrale par son « Ne varietur« .  Il nous restait donc à rechercher dans la liste des élections consulaires du XVIIe siècle à quelle date le deuxième consul se nommait Solier. Mais en sachant que seuls certains moissagais – bien que renouvelés chaque année – accédaient à cette charge on pouvait craindre que ledit Solier n’ait été à plusieurs reprises deuxième consul.

L’impossibilité d’accéder aux Archives municipales nous empêcha (empêche toujours) d’aller plus avant !

Mais une heureuse surprise vient de récompenser le patient examen des folios photographiés du cadastre  » Archives municipales Moissac CC19″ : au folio n° 206 verso une petite note dans la marge donne une précision concernant le premier bien qui y est décrit : une métairie appartenant à Jean de Guilhem.

Cette note rajoutée dit  :  » remis « [il s’agit de la métairie] « sur M. Jean Raoul ad(vocat) … folio 30 ce dernier may 1651« . On peut conclure, en remarquant que l’écriture de la note est très similaire (à notre avis identique) à celle du corps du texte, que la rédaction de notre cadastre – au moins le folio 206 – est antérieure à mai 1651, mais sans doute de peu. Nous avons en effet découvert ce qu’on nomme un « terminus ante quem » (= borne avant laquelle…)

 

 

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